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Edité dans la fin de la décennie 1990 l'Inventaire des Paysages de l'Aisne, édité par le CAUE de l'Aisne est un très riche document à lire et relire. Ce document attirait l'attention des lecteurs,… des élus aussi, espérons-le,… sur la richesse de tout ce territoire et sur la nécessité de précautions à prendre. Est-il toujours d'actualité ?

« Tout proche de l’Ile de France, ce territoire où se révèle une campagne préservée n’est pas pour l’instant le lieu d’une urbanisation intensive. Mais c’est là que se situent les enjeux, et tout développement mériterait un accompagnement vigilant, pour limiter les risques de déstructuration. »

Parmi les paysages de ce territoire étaient définis des “paysages particuliers” :

« Enfin, l’identification de ces paysages n’est pas innocente. Elle ne se cantonne pas à souligner le caractère insolite d’un paysage mais elle vise également à faire ressortir sa fragilité. Il s’agit ainsi d’informer sur les menaces qui pourraient faire disparaître le charme lié au particularisme. »

Le document recensait des risques divers. Oh, bien sûr, les rédacteurs n'envisageaient pas celui de la déferlente éolienne.

Exemple, malheureusement parmi de nombreux autres, considérons l'évolution de l'Orxois passant de l'état de paysage particulier, “emblématique” (cartographie SIG de l'Aisne), à celui de paysage agricole/éolien pour les promoteurs, plaçant des projets (réalisés) sur ces paysages, dits “sans qualité”… se permettant de boucher les “dents creuses éoliennes” (EDF EnR : Bonnesvalyn/Monthiers/Sommelans).

Déjà en place les éoliennes de Hautevesnes, de Priez/Courchamps, de Neuilly-St-Front/Monnes, de St-Gengoulph/Chézy-en-Orxois… en construction celles de Montgru-Saint-Hilaire/Latilly… en instruction le parc éolien de Rocourt-Saint-Martin/Armentières… celui de Bonnesvalyn/Monthiers/Sommelans… à venir peut-être (le mât de mesure est en place) Saint-Gengoulph (Chevillon) [l'étoile rouge sur la carte ci-dessous]. Autre, donc, ”dent creuse” sur ce petit massif de collines situé entre Ordrimouille, Ourcq et Marne (plus précisément, l'ubac du Clignon).

Dans le viseur des promoteurs aussi un site apparaît sur Latilly/La Croix-sur-Ourcq/Grisolles terminant l'arc sommital du massif vers l'est, avant de descendre sur le Tardenois… autre proie future ?

Les tentations diverses sont grandes ailleurs (petits losanges verts).

Bien sûr ce petit massif (et ses vallées chantées naguère) n'est pas le seul : la carte montre quelques exemples au sud du Clignon. Le Soissonnais est proche… des sites existent… d'autres nombreux sont dans le viseur. “Attendez-vous à savoir” eût dit Geneviève Tabouis.

Les questions actuelles sur les incohérences (pour ne pas dire plus) du développement éolien français – détruisant totalement les paysages de moyenne et grande distances sur le presque totalité du territoire, sans compter sur la destruction du cadre de vie des riverains – apparaissent laisser de marbre bien des élus de tout niveau qui refusent de considérer bien des aspects de la réalité électrique française et de ses possibilités… laissant libre cours aux tentations de certains et aux appêtits des autres.

En quinze ans les éoliennes sont passées de 125 m hors tout à 180 m (pour l'instant ici)… les distances aux habitations proches sont toujours de 500 m minimum. Dans nos régions les distances à 600 m, 700 m des habitations sont courantes.

Les éoliennes se développent en tache d'huile. La zone en question est pourtant reconnue par les services de l'Etat comme risquant la saturation. Et pourtant les promoteurs continuent de se précipiter.

Risques faibles de résistance des particuliers, … les “parler, mais laisser faire” de bien des politiques et des services de l'Etat. 

Des éoliennes de 150 m à plus de 200 m hors pales ne sont pourtant pas invisibles : elles “regardent” non seulement les propriétaires des terrains qui vont les accueillir (ce sont en fait les premiers à enclencher la démarche), non seulement les conseils municipaux des communes sur lesquelles elles vont s'ériger… mais aussi l'ensemble des communes voisines… et bien au-delà. Risquant la modification de la structure des paysages de moyenne et longue distance. 

Un projet de parc sur un territoire, tel l'Orxois, devrait être l'objet d'une réflexion commune des instances locales et des opposants de ces territoires… 

Ci-dessus, vue 3D depuis le ouest-nord-ouest de la partie villages du Paysage emblématique “Villages de l’Orxois” (zone quadrillée). Vue montrant les éoliennes existantes et leurs 500 m. Remarques concernant les cartes: voir la page suivante :

http://www.appeisa.fr/appeisa/mentions-et-droits-d-auteur/60-mentions-legales-et-droits-d-auteur

Entre l’Ourcq et l’Ordrimouille à gauche jusqu’au Clignon… et la Marne (tout à droite). Le ru d’Allan est au centre… bordé déjà de bien des éoliennes. Le projet de Latilly/Grisolles/… fermerait, en haut de l’image l’arc éolien-agricole du versant gauche du ru… Le mât du projet St-Gengoulph est représenté ici par l’étoile rouge ; les petites étoiles, nombreuses, correspondent aux éoliennes des projets en phase d’instruction.

Sont placées sur la carte les zones humides (violet) bien pratiques pour les promoteurs cachant les éoliennes par les arbres. La présente carte est topographique seulement… les bois conséquents sont ici des znieffs. Par endroits (assez rares ici) des petits bois peuvent cacher, pour ceux qui le veulent vraiment, quelques éoliennes.

Chemins de grande et petite randonnées en grand nombre…

Les villages balcons d’observations sont très nombreux… depuis les plateaux au nord de l’Ourcq à ceux situés entre Clignon et Marne. Le randonneur, ou le simple promeneur, peut venir respirer, en plein vent sur des dizaines de kilomètres… Il n'a nul besoin de chemins nouveaux agrémentés – mesures compensatoires sanctifiées par l'ADEME, certaines ONG écologistes ou des promoteurs – de panneaux chantant les louanges de l'érection des éoliennes pour la réalisation de la transition énergétique (nécessaire, mais nullement de cette façon).