Il est majoritairement connu que la production électrique française est concomitante à une faible production de CO2, ceci étant dû aux sources hydrauliques et nucléaires. On a en vue alors des chiffres moyennés sur l'année. Comparés à ceux de nos voisins ces moyennes annuelles éclairent mal les défauts et les progrès possibles.

Pour aller plus loin (observations tout au long de l'année) on trouve sur internet des analyses au pas horaire, permises par les données accessibles de services européens (ENTSO-E). Récemment elles ont été portées à la connaissance du grand public par Stéphane Huet, citant lui-même Thomas Auriel et leur source commune un article accessible pour l'instant (en ce début d'année 2019) sous la forme d'un prétirage "real-time carbon accounting method for the european markets" (Méthode de comptabilité du carbone en temps réel pour les marchés européens de l’électricité).

Nous retenons ici deux graphiques pertinents concernant la transition énergétique (partie production d'électricité) et la lutte pour la défense du climat.

comparaison horaire mwh gC02

 

Emission relative de CO2 (en gCO2/KWh) associée à la production (en MWh) au pas horaire.

Ce diagramme pointilliste (la production d'une heure est représentée par un tout petit cercle) éclaire bien la différence entre quelques pays européens. Norvège, Suède et France sont les bons élèves (peu de CO2 malgré les variations de production au cours de l'année) [le cercle avec sa légende indique le pas horaire moyen de chaque pays].

Les autres pays ici retenus montrent des résultats beaucoup plus étalés dans le sens vertical. En pratique, c'est actuellement le signe de l'existence de sources  carbonnées (pilotables), éventuellement remplacées (partiellement) par des sources peu productrice de CO2, mais intermittentes : vent et soleil.

 

La transition énergétique (part production électrique) tend à modifier ces diagrammes en cherchant à resserrer vers le bas les participations de chaque pays. Développement du vent et du soleil en Italie, Espagne, Portugal, Allemagne… développement hydraulique en Espagne et Portugal… développement du vent et du nucléaire en Pologne et Royaume-Uni.

Resserrer les diagrammes en France, Norvège et Suède est bien plus délicat ; surtout si l'on souhaite faire disparaître la production d'origine nucléaire. En France les promoteurs éoliens – et RTE – sont conscients des limites de cet exercice – de plus en plus ils invoquent la possibilité d'exportation de cette électricité intermittente, sans insister les risques sytémiques de l'équilibre à terme du réseau électrique européen et sur le coût social (les nuisances [dont le paysage]) et financier.

Ces analyses fines, étendues à celles des importations et exportations, permettent en partie de mettre en évidence le contenu CO2 de l'électricité consommée dans chacun des pays.

Dans le schéma ci-contre les cercles bleus indiquent le contenu  de l'électricité produite, les cercles ocres le contenu de l'électricité consommée.

Par exemple il apparaît que la consommation allemande est un peu moins chargée en CO2 que sa production (importations  d'origine nucléaire ou hydraulique [de France ou Suisse]). Inversement les consommations françaises (essentiellement en plein hiver) impliquent un contenu en CO2 de consommation un peu plus grand que celui de production.

Pour ce point il nous faut insister sur le fait que ces importations françaises (globalement rares) sont surtout nécessaires lors des pointes hivernales. Plutôt qu'un manque de moyens de production, il faut incriminer une mauvaise qualité thermique d'un habitat ancien, assez souvent encore chauffé à l'électricité (on notera ici que la qualité du chauffage électrique n'est pas ici en cause, c'est bien plutôt son emploi dans des habitations inadaptées qui pose problème). En France, c'est l'amélioration de la qualité des bâtiments qui est importante pour la défense du climat… bien plutôt que la transformation de la production d'électricité.

[exemples instructifs de différences  : l'Autriche (AT) consomme de l'électricité plus chargée en CO2 que sa production (importation d'électricité issue de charbon, venant de Pologne et Tchéquie) ; le Danemark produit beaucoup d'électricité en utilisant charbon et gaz… et importe de l'électricité nucléaire et hydraulique de Suède et Norvège].

 

 

 

 

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