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Avril 2019 : BORALEX vient d'annoncer la tenue de deux permanences d'information à propos de son projet Lucy/Marigny

Jeudi 11 avril, en mairie de Marigny-en-Orxois, de 16 h à 20 h

Vendredi 12 avril, en mairie de Lucy-le-Bocage, de 16 h à 20 h

L'enquête publique est prévue fin 2019

essomes marigny lucyEn début d'année 2019, deux réunions concernant les projets de parcs éoliens proches de Château-Thierry , plus la nouvelle du rejet du parc de Blesmes par arrêté préfectoral de décembre 2018.

En exergue

Les présents comptes-rendus, abordant bien sûr des caractéristiques locales, sont aussi l'occasion de rappeller bien des aspects essentiels de chaque projet éolien. Ici nous n'interviendrons pas sur les aspects locaux, hors la présentation des aspects techniques fournis pas le promoteur ; nos critiques spontanées éventuelles sur ces projets précis seront à préciser au plus tard lors de l'enquêt publique.

14 janvier 2019, Conseil municipal de Lucy-le-Bocage

La société Boralex présentait au conseil municipal (CM) les grandes lignes de son dossier du projet Marigny-Lucy. Le maire de Lucy-le-Bocage a demandé aux participants à la réunion, non membres du CM, d'être seulement observateurs. Il s'ensuit que nous n'avons pas pu poser de questions, aussi certains points présentés ci-dessous ne sont forcément tous précis.

A Lucy-le-Bocage BORALEX a bien sûr présenté la partie du projet concernant la commune, celle concernant Marigny ayant été présentée en décembre 2018 au CM de Marigny-en-Orxois.

Bornons-nous ici aux grandes lignes.

Pour Marigny/Lucy, au total,  six éoliennes de 130 m de haut (bout de pales) de 3,45 MW chacune ou 6 de 180 m de puissance individuelle 3,9 MW, trois sur chacune des communes. L'ingénieur a présenté le choix retenu pour la position des éoliennes, en ligne, proche de la limite de la commune vers Marigny.

L'aspect financier : revenus de l'ordre de 24000 €/an pour la commune, 84000 €/an pour l'EPCI (je ne sais s'il s'agit de la partie Lucy seule ou de l'ensemble).

Bien sûr, l'accident (2 blessés) arrivé lors du montage du premier mât de mesure semble avoir retardé le projet (mesures de vents) mais pas sa rédaction. Ce qui mène à un calendrier très resseré, dont voici les quelques étapes :

Quelques mesures d'accompagnement ont été présentées. Retenons ici, en dehors de grands classiques [voierie, réfections diverses…] (je ne me souviens pas si a été cité ce jour l'enfouissement des lignes électriques et téléphones aériennes sur le centre du village) :

Peu de remarques de la part des membres du CM. A retenir juste l'espoir de certains que les environs proches ne se peuplent pas d'autres éoliennes, afin que ce petit territoire ne se mette pas à ressembler aux environs du sud de Châlons-en-Champagne, pris comme exemple (!).

Peut-être pourra-t-on en dire plus lors des permanences de février-mars, ou lors de l'enquête publique ?

15 janvier 2019, quatrième et dernière réunion à Essômes-sur-Marne

Les participants aux précédentes réunions ayant laissé leurs coordonnées à GlobalWindPower ont été invités à la quatrième réunion, devant préciser le contenu du dossier qui est prêt à être déposé en préfecture. La cellule "tech-de-com" n'était heureusement pas présente, cf nos comptes-rendus précédents.

APPEISA et Vie&Paysages étaient représentées.

Le dépôt en préfecture est prévu dans les tous prochains mois, menant à une enquête publique vers le 4ème trimestre de l'année 2019, cf. infra.

Le projets est désormais précis :

questions et remarques

le prix de rachat. A supposer que le contrat futur (sous appel d'offre) corresponde à un prix de 55 €/MWh, que se passe-t-il lorsque les prix du marché sont supérieurs à ces 55 €/MWh. Après une hésitation GWP indique que la différence de prix (prix du marché - prix de rachat) sera empochée par l'entreprise “agrégateur” (chargée de la gestion de l'implémentation des ressources renouvelables, intermittentes ou non, pour participer à l'équilibre consommation-production). Par ailleurs, c'est l'occasion, pour GWP, d'affirmer que l'on ne peut plus (et que l'on ne doit plus) accuser les nouvelles installations éoliennes d'être ruineuses pour la nation. [note du présent rédacteur : les 135 milliards d'€ dont on parle au titre de la CSPE correspondent à la tolalité des subventions accordées aux EnR électriques pour les contrats signés avant fin 2016, subventions à percevoir jusqu'en 2046, et encore en phase de croissance.

C'est vrai, à première vue… mais c'est faux quant au fond…  car le prix de rachat est celui en sortie d'éolienne et c'est toute la gestion de l'intermittence et de la nécessité de ressources pilotables, sûres et efficaces, qui sont absolument nécessaires pendant encore des décennies (jusqu'à ce que l'on sache mettre de l'électricité en conserve, pour assurer la continuité de la production d'électricité pour satisfaire aux besoins). Les comparaisons entre le prix du MWh éolien futur et celui du nucléaire futur est toujours vicié par l'absence des coûts d'intégration de l'électricité intermittente et de l'électricité pilotable. On pourrait citer ici une étude allemande (économistes et énergéticiens) montrant les coûts d'intégration au réseau et l'impact financier du bridage des ressources pilotables. En toute rigueur on pourrait attribuer ce coût dû à la nécessité de pilotage aux sources intermittentes qui en sont la raison.

Il n'est pas inutile d'insister sur un autre trait… Le 10 janvier 2019, le vent en France, et surtout en Allemagne, était particulièrement faible. Le réseau interconnecté européen est passé proche d'un blackout. Notre voisin d'outre-Rhin, avec ses 60 GW éoliens ne produisait plus assez pour satisfaire la demande. Nos centrales nucléaires travaillaient à plein (elles ont un très grand rôle dans l'équilibre continental et certaines son en grand carénage). Augmenter la puissance installée en éolien (pour l'aspect hivernal) et diminuer les ressources pilotables (passer à 50 % d'électricité nucléaire, sans autre apport majeur) est source de risque d'événements fort gênants. C'est d'autant plus vrai que sur une zone donnée (qui peut atteindre une bonne partie de l'Europe) les variations de vent importantes peuvent mener en quelques heures à des variations de production électrique très importante, rendant nécessaire l'existence de ressource pilotables, puissantes, sûres, et extrêmement souples… sources restant éventuellement inemployées une partie du temps.

En ce sens là, significatif, l'éolien neuf, se développant à marche forcée, pose bien des problèmes, au seul titre des aspects financiers.

Récemment, l'Académie Nationale de Médecine a édité un rapport sur ces points, demandant un retour vers le seuil de déclenchement à 30 dB(A) à l'extérieur et 25 dB(A) à l'intérieur des habitations. C'est bien sûr un point essentiel pour les habitations proches de ces machines gigantesques.  Par exemple le hameau de Bourbetin se trouverait à 760m de l'éolienne la plus proche… alors que des témoins entendaient déjà, par moments, les éoliennes de Charly-sur-Marne.